Exigences d'enregistrement AUSTRAC pour les échanges de cryptomonnaies en Australie

Exigences d'enregistrement AUSTRAC pour les échanges de cryptomonnaies en Australie févr., 22 2026

Si vous gérez un échange de cryptomonnaies en Australie, vous devez vous enregistrer auprès d’AUSTRAC l'Agence australienne de signalement et d'analyse des transactions, chargée de la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Ce n’est pas une option. C’est une obligation légale. À partir du 31 mars 2026, les règles vont encore se resserrer. Si vous n’êtes pas prêt, vous risquez une amende, une fermeture, ou pire : une poursuite pénale.

Qui doit s’enregistrer ?

Seuls les échanges de cryptomonnaies (Digital Currency Exchanges, DCE) qui font la conversion entre une monnaie fiduciaire (comme l’AUD) et une cryptomonnaie (comme le Bitcoin ou l’Ethereum) doivent s’enregistrer. Cela inclut les plateformes en ligne, les kiosques crypto, et même les entreprises qui offrent des services de conversion en magasin.

Mais attention : à partir du 31 mars 2026, la liste va s’allonger. AUSTRAC va aussi exiger l’enregistrement pour les activités suivantes :

  • Échanger une cryptomonnaie contre une autre (ex : BTC pour ETH)
  • Transférer des actifs numériques pour compte d’un client
  • Conserver ou gérer des cryptomonnaies pour des tiers (services de custody)
  • Proposer ou vendre des jetons via des ICO (Initial Coin Offerings)

Autrement dit, si vous faites un peu de tout dans les cryptos, vous allez devoir vous soumettre à une surveillance beaucoup plus stricte. L’Australie suit les normes du Groupe d’action financière (FATF) l’organisation internationale qui fixe les standards mondiaux contre le blanchiment d’argent.

Que faut-il préparer avant de postuler ?

Vous ne pouvez pas simplement remplir un formulaire et espérer être accepté. AUSTRAC exige deux documents fondamentaux avant même d’envisager votre demande :

  1. Un Programme AML/CTF un plan détaillé pour détecter, prévenir et signaler les activités suspectes
  2. Une Évaluation des risques de blanchiment et de financement du terrorisme une analyse de vos clients, de vos flux, de vos canaux, et de vos vulnérabilités

Si vous envoyez votre demande sans ces deux documents, AUSTRAC vous les demandera. Et si vous ne les fournissez pas dans les délais, votre demande sera rejetée. Il n’y a pas de seconde chance.

Le programme AML/CTF doit inclure :

  • Des procédures de Know Your Customer (KYC) vérification d’identité des clients, avec documents officiels et preuves d’adresse
  • Des systèmes de surveillance des transactions (ex : alertes pour les transferts supérieurs à 10 000 AUD)
  • Des rapports obligatoires sur les transactions suspectes (Suspicious Matter Reports)
  • Des audits internes annuels et une formation continue du personnel

Les entreprises qui ne respectent pas ces règles ont déjà été sanctionnées. En 2024, un échange australien a été contraint de payer plus de 2 millions de dollars australiens pour avoir ignoré ses obligations de KYC. Les clients ont pu ouvrir des comptes sans vérification d’identité. C’est ce genre d’erreur qu’AUSTRAC ne tolère plus.

Deux chemins opposés : l'un sécurisé et conforme, l'autre en ruines avec des dirigeants arrêtés pour non-enregistrement.

La différence entre AUSTRAC et ASIC

Beaucoup pensent que si vous êtes enregistré auprès d’AUSTRAC, vous êtes couvert. Ce n’est pas vrai. ASIC l’Autorité australienne des services financiers et des investissements a un rôle différent. Elle supervise les produits financiers réglementés.

Si vous vendez des jetons qui sont classés comme des titres financiers (ex : tokens représentant une part d’entreprise ou un droit de revenu), vous devez aussi obtenir une Australian Financial Services License (AFSL) une licence délivrée par ASIC pour opérer comme intermédiaire financier. Cela implique des exigences de capital, de transparence, et de protection des consommateurs beaucoup plus lourdes.

En résumé :

Différence entre AUSTRAC et ASIC pour les échanges de cryptomonnaies
Exigence AUSTRAC ASIC (AFSL)
Portée Conversion fiat-crypto, custody, échanges crypto-crypto Produits financiers : tokens de sécurité, dérivés, fonds
Objectif Prévenir le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme Protéger les investisseurs et assurer l’intégrité des marchés
Contrôle Surveillance des transactions, KYC, rapports Exigences de capital, disclosure, gestion des conflits
Applicable à Tous les échanges de cryptomonnaies Uniquement ceux qui vendent des actifs classés comme titres

Vous pouvez avoir besoin des deux. Ou seulement de l’un. Mais vous ne pouvez pas ignorer l’un si l’autre s’applique.

Que se passe-t-il si vous ne vous enregistrez pas ?

Les sanctions sont sévères. En 2025, AUSTRAC a suspendu trois échanges pour non-respect des obligations. Deux d’entre eux ont été fermés définitivement. Le troisième a été autorisé à reprendre ses activités seulement après avoir payé une amende de 1,8 million de dollars et révisé entièrement son programme AML/CTF.

En plus des amendes, vous pouvez être poursuivi pénalement. Le non-enregistrement est un délit pénal en Australie. Les dirigeants peuvent être tenus personnellement responsables. Les banques peuvent refuser de vous ouvrir un compte. Les partenaires commerciaux peuvent vous abandonner. Votre réputation est en jeu.

Et ce n’est pas tout. Même si vous n’êtes pas enregistré, vous êtes toujours soumis à la Loi australienne sur la consommation qui interdit les informations trompeuses ou décevantes. Si vous affirmez que votre plateforme est « sécurisée » ou « réglementée » sans être enregistré, vous enfreignez cette loi aussi.

Un paysage urbain australien où des échanges crypto sont surveillés par un emblème AUSTRAC géant, avec des clients soumettant des documents KYC.

Comment préparer votre enregistrement ?

Ne commencez pas à remplir le formulaire d’AUSTRAC avant d’avoir tout préparé. Voici ce qu’il faut faire :

  1. Utilisez l’outil d’évaluation en ligne d’AUSTRAC pour vérifier si votre activité nécessite un enregistrement.
  2. Concevez votre Programme AML/CTF avec l’aide d’un expert. Ne le copiez pas d’un autre échange. Il doit refléter votre modèle d’affaires.
  3. Effectuez une évaluation des risques réelle : qui sont vos clients ? D’où viennent les fonds ? Quels sont vos points faibles ?
  4. Formez votre équipe à la détection des transactions suspectes et aux procédures KYC.
  5. Testez vos systèmes de surveillance avant de soumettre la demande.
  6. Soumettez votre demande via le portail en ligne d’AUSTRAC avec tous les documents requis.

La plupart des entreprises réussissent leur enregistrement en 3 à 6 mois. Les entreprises qui tentent de le faire sans expertise externe échouent souvent la première fois. Des cabinets comme Zitadelle AG un consultant spécialisé en conformité AML/CTF pour les cryptomonnaies en Australie ou Xenia Compliance une firme qui propose des packages d’enregistrement AUSTRAC aident les entreprises à passer le cap. Ce n’est pas un luxe. C’est une nécessité.

Le futur : vers une réglementation plus stricte

L’Australie ne s’arrête pas là. En 2026, les échanges devront probablement faire face à de nouvelles exigences : audits trimestriels, rapports de sécurité, et peut-être même des exigences de capital minimum. Le gouvernement travaille à un cadre législatif plus complet, inspiré des modèles européens et américains.

Le crash de FTX en 2022 a montré que les règles trop légères pouvaient coûter cher aux consommateurs. Depuis, l’Australie a lancé un « token mapping exercise un projet pour classifier les jetons et déterminer lesquels sont des produits financiers ». Cela signifie que même les jetons de jeu ou les NFT pourraient un jour être soumis à des règles strictes.

La tendance est claire : l’Australie veut devenir un pôle mondial des cryptomonnaies, mais pas n’importe comment. Elle veut un marché propre, transparent, et protégé. Ceux qui s’y adaptent auront un avantage concurrentiel. Ceux qui attendent risquent d’être éliminés.

Est-ce que les échanges de cryptomonnaies hors Australie doivent s’enregistrer auprès d’AUSTRAC ?

Oui, si vous offrez vos services à des clients en Australie, même si votre entreprise est basée à l’étranger. AUSTRAC applique ses règles à toute activité qui touche le marché australien. Cela inclut les plateformes étrangères qui acceptent des clients australiens, même si elles n’ont pas de siège dans le pays.

Quels sont les documents d’identité acceptés pour le KYC ?

AUSTRAC accepte les pièces d’identité nationales (passeport, permis de conduire, carte d’identité) avec photo, ainsi que des preuves d’adresse récentes (facture d’électricité, relevé bancaire, contrat de location). Les documents doivent être en anglais ou accompagnés d’une traduction certifiée. Les documents numériques doivent être authentifiés via des systèmes vérifiés (ex : IDnow, Jumio).

Combien de temps dure le processus d’enregistrement ?

Entre 3 et 6 mois en moyenne. Si votre dossier est complet et que vous avez déjà mis en place un programme AML/CTF solide, cela peut prendre moins de 90 jours. Si vous manquez de documents ou que votre évaluation des risques est vague, AUSTRAC peut vous demander des compléments, ce qui rallonge le délai de plusieurs mois.

Puis-je opérer pendant que ma demande est en cours ?

Non. Vous ne pouvez pas fournir de services d’échange de cryptomonnaies avant d’avoir reçu une confirmation d’enregistrement d’AUSTRAC. Même si vous avez soumis votre dossier, vous êtes en infraction si vous opérez. Les sanctions s’appliquent dès le premier jour d’activité non autorisée.

Quelles sont les conséquences si je ne signale pas une transaction suspecte ?

Ne pas signaler une transaction suspecte est une infraction pénale. AUSTRAC peut vous infliger une amende de jusqu’à 10,5 millions de dollars australiens. Les dirigeants peuvent être emprisonnés. Les banques peuvent fermer vos comptes. Votre entreprise peut être radiée du registre des échanges. Le risque n’en vaut pas la peine.