Exigences de licence pour les crypto-actifs aux Philippines selon la SEC
janv., 3 2026
En mai 2025, la Securities and Exchange Commission (SEC) des Philippines a lancé le cadre réglementaire le plus strict d’Asie du Sud-Est pour les crypto-actifs. Depuis le 5 juillet 2025, toute plateforme qui veut offrir des services liés aux crypto-actifs aux Filipinos doit être officiellement agréée. Ce n’est plus une option. C’est une obligation légale. Les grandes bourses comme OKX, Bybit, KuCoin ou Kraken ont été publiquement averties pour avoir continué à cibler les utilisateurs philippins sans licence. Certaines ont été bloquées. D’autres ont dû se réinventer.
Qui doit obtenir une licence ?
Tout fournisseur de services sur crypto-actifs, appelé CASP (Crypto Asset Service Provider), doit se faire enregistrer. Cela inclut les échanges de crypto, les portefeuilles numériques, les plateformes de staking, les services de conversion, et même les plateformes qui permettent de vendre des jetons non fongibles (NFT) comme actifs financiers. Même si votre entreprise est basée à Singapour, à Dubai ou à New York, si vous proposez vos services à des Filipinos - même par le biais d’un site web en anglais - vous êtes concerné.
La SEC ne fait pas de distinction entre les grandes entreprises et les startups. Tous doivent passer par le même processus. Et ce processus n’est pas simple.
Les 4 exigences de base pour obtenir une licence
Pour obtenir une licence CASP, une entreprise doit remplir quatre conditions essentielles :
- Être une société locale : Il faut créer une entité juridique aux Philippines, avec un numéro d’entreprise local et un siège social physique dans le pays. Un simple bureau virtuel ne suffit pas. Vous devez avoir un vrai bureau avec des employés locaux.
- Capital minimum de 100 millions de pesos (environ 1,8 million USD) : Ce capital doit être en monnaie locale ou en devises convertibles, mais pas en crypto-actifs. Il doit être déposé et vérifié par la SEC. C’est l’une des exigences les plus élevées au monde pour une plateforme crypto. Elle élimine automatiquement les petits acteurs internationaux.
- Systèmes AML et KYC rigoureux : Tous les utilisateurs doivent être identifiés, vérifiés, et suivis. Les transactions suspectes doivent être signalées à la fois à la SEC et au Conseil anti-blanchiment (AMLC). Les audits sont fréquents. Les erreurs sont sanctionnées.
- Transparence totale dans la communication : Avant de lancer une campagne marketing, une plateforme doit publier un document de divulgation sur son site, ses réseaux sociaux et ses applications, au moins 30 jours avant toute offre. Ce document doit expliquer clairement les risques, les frais, et surtout, ne pas promettre de rendements futurs. Dire que « votre Bitcoin va doubler d’ici 6 mois » est interdit.
Les frais et les obligations continues
Obtenir la licence n’est que le début. Une fois agréée, une CASP doit payer des frais annuels calculés en fonction de son chiffre d’affaires. Plus vous gagnez, plus vous payez. En plus, vous devez soumettre des rapports financiers mensuels. La SEC exige une séparation stricte entre les fonds des clients et les actifs de l’entreprise. Cela signifie que si votre plateforme fait faillite, les utilisateurs ne perdent pas tout. Leurs fonds sont protégés.
Les violations ont un prix. Pour chaque infraction, les amendes vont de 50 000 à 10 millions de pesos. Si vous continuez à violer la loi, vous payez 10 000 pesos par jour, jusqu’à ce que vous vous mettiez en conformité. En août 2025, la SEC a déjà infligé plus de 200 millions de pesos d’amendes à des plateformes non conformes.
Les plateformes qui ont réussi à se conformer
Quelques entreprises ont réagi vite. Youholder, Cex.io, BitGet et Bigone ont tous mis en place des systèmes locaux, embauché du personnel philippin, et déposé leur dossier à la PhiliFintech Innovation Office, le bureau dédié de la SEC. Ils ont même modifié leurs sites pour afficher leurs licences en grand sur leurs pages d’accueil. Ce n’est pas un simple badge. C’est une preuve de sérieux.
Bybit, malgré sa taille mondiale, a dû créer une entité locale et a annoncé en décembre 2025 qu’elle avait obtenu son agrément. Elle a même lancé une campagne d’éducation pour les utilisateurs locaux, expliquant les risques des crypto-actifs sans promesses de profit. C’est un changement radical par rapport à son ancienne approche.
Les plateformes qui ont été bloquées
Le cas de Binance en 2024 a été un avertissement. La SEC a donné 90 jours aux utilisateurs pour retirer leurs fonds, puis a bloqué l’accès au site depuis les réseaux philippins. Ce n’était pas une menace vide. C’était une action concrète. Depuis, les fournisseurs étrangers qui refusent de se conformer se retrouvent sur une liste noire. Certains sont déjà inaccessibles depuis les Philippines. D’autres voient leurs noms cités dans les alertes publiques de la SEC - ce qui détruit leur réputation localement.
Les utilisateurs ne sont pas aveugles. Beaucoup ont changé de plateforme. Ils préfèrent maintenant celles qui affichent leur licence. La confiance est devenue un actif aussi précieux que le Bitcoin lui-même.
Qu’en est-il des particuliers ?
Les particuliers peuvent toujours acheter, vendre et détenir des crypto-actifs. La SEC ne les interdit pas. Elle ne veut pas les empêcher d’investir. Elle veut juste s’assurer que les plateformes sur lesquelles ils se tournent sont fiables. Si vous achetez du Bitcoin sur une plateforme agréée, vos fonds sont protégés. Si vous le faites sur un site étranger non autorisé, vous êtes seul responsable en cas de perte.
La SEC a même publié des guides gratuits pour les investisseurs, expliquant comment vérifier si une plateforme est légalement enregistrée. Il suffit de visiter le site de la SEC et de chercher la liste des CASP agréés. C’est simple. Et c’est gratuit.
Impact sur le marché
Malgré les exigences strictes, le marché philippin continue de croître. En 2025, 10,49 % de la population utilise des crypto-actifs - soit près de 12,8 millions de personnes. Les revenus du secteur devraient atteindre 1,1 milliard de pesos cette année. La croissance est de 4,59 % par an. Les gens n’ont pas arrêté d’investir. Ils ont simplement changé de plateforme.
Les grandes entreprises locales ont profité de cette opportunité. Des startups philippines comme Youholder et CoinHako ont vu leur nombre d’utilisateurs doubler en six mois. Elles ont un avantage : elles comprennent le marché, la langue, et les lois. Les étrangers, eux, doivent tout apprendre depuis le début.
Et maintenant ?
La SEC a dit qu’elle réviserait les règles en 2026, en fonction des retours des entreprises et des utilisateurs. Mais pour l’instant, les règles sont claires : pas de licence, pas de service. Pas de compromis. Ce n’est pas une réglementation hostile. C’est une réglementation protectrice. Elle vise à éviter que des milliers de Filipinos ne perdent leurs économies sur des plateformes fantômes.
Les entreprises qui veulent réussir aux Philippines doivent comprendre une chose : la confiance n’est pas un bonus. C’est la condition sine qua non. Et la seule façon d’y parvenir, c’est de jouer selon les règles du jeu locales. Pas celles de New York. Pas celles de Singapour. Les leurs.
Le modèle philippin pourrait bien devenir un exemple pour d’autres pays d’Asie du Sud-Est. La Thaïlande, l’Indonésie, et le Vietnam regardent de près. Ce que les Philippines ont fait, c’est créer un système où les investisseurs sont protégés, les entreprises sérieuses sont récompensées, et les fraudeurs sont éliminés. C’est simple. C’est efficace. Et c’est durable.
guillaume ouint
janvier 4, 2026 AT 03:36Cette réglementation c’est du lourd mais franchement c’est la seule façon de protéger les gens
Christophe Pan
janvier 4, 2026 AT 19:45Encore une fois les gosses de la SEC veulent contrôler tout le monde 😒
Clemence Racle
janvier 5, 2026 AT 02:25J’adore ce que les Philippines font. Ils ont compris que la confiance c’est plus précieux que le profit à court terme 💪
Juliette Krewer
janvier 6, 2026 AT 20:32100 millions de pesos ? C’est juste une façon de faire entrer les big players et d’écraser les petits. C’est du capitalisme de cartel, pas de la régulation. Et attendez que les lobbys prennent le contrôle… 🤫
Romain Thevenin
janvier 8, 2026 AT 07:25Je vois beaucoup de gens dire que c’est trop dur mais en vrai c’est juste la différence entre une bourse sérieuse et un site qui disparaît demain avec tes économies. La SEC n’empêche pas l’innovation, elle filtre les escrocs. Et ça, c’est du bon sens. Tu veux vendre des NFT à des Filipinos ? Tu fais comme tout le monde : tu t’installes, tu respectes les lois, tu paies tes impôts. Pas besoin d’être un génie. Juste honnête. Les plateformes comme Bybit qui ont changé leur fusil d’épaule ? Elles ont gagné en crédibilité. Et les utilisateurs le voient. La confiance, ça se construit, ça ne se télécharge pas. Et quand tu as une loi claire, les gens savent où ils sont. Pas de flou, pas de promesses de rendement, pas de « tu vas devenir riche » en 3 clics. Juste des faits. Et ça, c’est une révolution dans ce secteur. C’est pas du totalitarisme, c’est du minimum vital. Tu veux jouer dans la cour des grands ? Tu mets les mains dans le cambouis. Pas de gants de soie. La SEC n’est pas un ennemi. C’est le gardien du terrain. Et franchement, je suis fier pour les Philippines. Ils ont pris une décision courageuse. Pas populaire. Mais juste.
Sylvie Verboom
janvier 9, 2026 AT 15:23100 millions de pesos en monnaie locale ? Et si le peso s’effondre ? Qui garantit ça ? C’est une arnaque en coulisses pour forcer les entreprises à investir dans les banques locales. C’est du vol masqué. Et le fait qu’ils interdisent de promettre des rendements ? C’est juste pour cacher que le marché est en train de s’effondrer. Tu vois les chiffres ? 12,8 millions d’utilisateurs ? C’est un mirage. Les gens achètent parce qu’ils ont peur de perdre. Pas parce qu’ils comprennent. C’est une bulle avec des règles de plus en plus serrées. Et quand ça va craquer ? Qui va payer ? Pas les banques. Les petits. Toujours les petits.
andre Garcia Rubio
janvier 10, 2026 AT 06:32Je trouve ça incroyable qu’un pays en développement fasse mieux que l’UE sur la régulation crypto. Les Philippins ont compris que la technologie ne doit pas être un terrain de chasse pour les voleurs. C’est pas parfait mais c’est un bon début. Et les gens qui disent que c’est trop dur ? Ils ont jamais eu 1000 euros sur une plateforme qui disparaît. Essayez un peu.
Laurent Nauleau
janvier 10, 2026 AT 11:16La SEC est en train de créer un monopole. Les seules entreprises qui peuvent se permettre ça, ce sont les géants. Les startups locales vont être écrasées. Et après, ils vont dire « on a protégé les consommateurs »… mais en fait ils ont protégé les banques. C’est toujours la même histoire. 🤡
Nicole Roden
janvier 11, 2026 AT 15:41Il est essentiel de souligner que cette réglementation ne vise pas à freiner l’innovation, mais à établir un cadre de sécurité juridique et financier pour les investisseurs. La séparation stricte des fonds clients et des actifs propres constitue une avancée majeure dans la protection des droits des utilisateurs. De plus, l’obligation de divulgation transparente et préalable des risques renforce l’autonomie décisionnelle des citoyens. Ce modèle pourrait effectivement servir de référence régionale, voire internationale, pour les juridictions encore en quête d’équilibre entre innovation et protection.
Axelle Kadio-Morokro
janvier 13, 2026 AT 10:44moi jai vu des gens a abidjan qui achetent du btc sur binance et ils ont perdu tout leur fric en 2024… les philippins ont raison de faire ca. cest pas parfait mais cest mieux que rien. jespere que lafrique va suivre. 😔
Yves Pepin
janvier 15, 2026 AT 05:23Le fait que des plateformes comme Bybit aient dû changer leur approche montre que la régulation peut forcer l’évolution. Pas toujours agréable, mais parfois nécessaire.
Brigitte ROYAL
janvier 16, 2026 AT 18:02je trouve ça trop compliqué pour un simple trader… pourquoi ils font pas comme les autres pays ? 😩
THUANE MONNIERI
janvier 17, 2026 AT 19:31La SEC n’est qu’un instrument de contrôle étatique masqué sous le masque de la protection. Les vrais libertaires, eux, ne se soumettent pas. Ils utilisent P2P, ils utilisent les DEX, ils utilisent les réseaux décentralisés. Ce n’est pas une réglementation, c’est une guerre contre la liberté financière. Et vous, vous applaudissez ? 🤡
ivan vassilev
janvier 18, 2026 AT 18:19Je suis impressionné. Ce n’est pas seulement une réglementation, c’est une philosophie. Ils ont choisi la confiance. Pas la vitesse. Pas la croissance à tout prix. La confiance. Et ça, c’est rare. Dans un monde où tout va trop vite, ils ont pris le temps de construire un système qui dure. Ce n’est pas une loi. C’est un contrat social. Les Filipinos ont dit : « on ne veut pas être les prochaines victimes ». Et ils ont agi. Bravo. C’est rare qu’un pays émergent devienne le modèle. Ici, c’est le cas.
Thibaut Weidmann
janvier 19, 2026 AT 00:41Les 100 millions de pesos, c’est juste pour éliminer les concurrents étrangers. La SEC a dû être influencée par les banques locales. Et le fait qu’ils exigent un siège physique ? C’est du protectionnisme déguisé. Le vrai but, c’est de garder le marché pour les entreprises nationales. Pas pour protéger les utilisateurs. Pour protéger les intérêts locaux. Et les gens qui applaudissent ne voient pas la vérité. Ils voient ce qu’on leur montre.
Jacky Baltes
janvier 20, 2026 AT 14:07Je trouve ça admirable. Les Philippines ont mis la sécurité avant la croissance. C’est rare. Et c’est intelligent. La crypto, ce n’est pas une course. C’est un marathon. Et ils ont choisi de courir avec des chaussures solides. Pas avec des tongs.
James Gowan-Webster
janvier 21, 2026 AT 23:51Je me demande comment les plateformes gèrent les audits mensuels en pratique. Est-ce que c’est automatisé ? Ou est-ce que c’est un fardeau administratif énorme pour les petites équipes ?
Daniel Schädler
janvier 22, 2026 AT 00:30La séparation des fonds clients est une norme internationale dans les secteurs financiers régulés. Ce que les Philippines font, c’est l’appliquer à la crypto - ce qui est logique. Leur approche est cohérente, mesurée et respectueuse des droits des utilisateurs. C’est un modèle à suivre.
Jeanette Lesbirel
janvier 22, 2026 AT 11:19Je ne comprends pas pourquoi tout le monde fait un drame. C’est juste des règles.
jerome houix
janvier 23, 2026 AT 04:31Je pense que c’est un bon équilibre. Pas trop laxiste, pas trop rigide.
Daniel Verreault
janvier 23, 2026 AT 21:59Les Philippines sont en train de réinventer la finance numérique. Pas en copiant les USA ou l’UE, mais en créant leur propre voie. Et cette voie, c’est la transparence. La responsabilité. La confiance. C’est pas juste une loi, c’est une révolution silencieuse. Et elle va se répandre. Les autres pays vont devoir suivre. Parce que quand les gens choisissent entre une plateforme avec une licence et une autre qui disparaît dans la nuit… ils savent ce qu’ils veulent. Et c’est ça le vrai pouvoir. Pas la technologie. La confiance.
Aurelien Amsellem
janvier 25, 2026 AT 12:13Leur modèle est un échec garanti. Les gens vont juste passer sur le darknet. Et la SEC va se retrouver avec des chiffres qui mentent et une population plus pauvre. C’est du théâtre. Pas de la politique.
Tristan Brault
janvier 25, 2026 AT 19:52La question n’est pas de savoir si la SEC est juste ou injuste. La question est : dans un monde où la valeur est décentralisée, peut-on encore imposer des frontières juridiques ? Les Philippines répondent oui. Et ils le font avec une rigueur presque religieuse. Ce n’est pas une loi. C’est une croyance. Une croyance que l’ordre est plus sacré que la liberté. Et peut-être… qu’ils ont raison. Peut-être que la crypto ne peut pas exister sans structure. Peut-être que la décentralisation ne peut pas survivre sans un centre. Et peut-être que la confiance… ne peut pas naître du chaos. C’est une contradiction. Et c’est pourquoi ce modèle est fascinant. Il ne résout rien. Il révèle tout.