Interdiction de la mine de crypto en Irak depuis 2017 : ce que vous devez savoir
janv., 9 2026
En 2017, l’Irak est devenu l’un des rares pays au monde à interdire complètement la mine et le commerce de cryptomonnaies. Ce n’était pas une simple alerte. C’était une interdiction totale, signée par la Banque centrale d’Irak (CBI), avec des avertissements clairs : pas de transactions en Bitcoin, pas de cartes électroniques, pas de portefeuilles numériques. Pourquoi ? Parce que, selon les autorités, ces monnaies sont hors contrôle, impossibles à taxer, et dangereuses pour un pays déjà fragile sur le plan économique.
Le contexte : un pays en crise, une banque en alerte
L’Irak n’est pas un pays avec un système bancaire solide. Après des décennies de conflits, d’instabilité politique et d’inflation, la Banque centrale a vu dans les cryptomonnaies une menace supplémentaire. Pas parce qu’elle les comprenait mal - même si c’était aussi le cas - mais parce qu’elle ne pouvait pas les surveiller. Pas de traçabilité. Pas de contrôle. Pas de recettes fiscales. Et surtout, pas de garantie que l’argent ne venait pas du crime organisé ou du blanchiment. La CBI a aussi cité la volatilité extrême des cryptos. Un Bitcoin peut perdre ou gagner 30 % en une journée. Pour un pays où les salaires sont payés en dinars irakiens et où l’inflation peut dépasser 10 % par an, ce genre de risque était inacceptable. La banque a même mentionné les risques environnementaux. La mine de Bitcoin consomme autant d’électricité que certains pays entiers. En Irak, où les coupures de courant sont fréquentes, cela semblait une folie.Les règles : tout est interdit - sauf que tout continue
L’interdiction est claire : aucune institution financière irakienne ne peut traiter des cryptomonnaies. Aucun banquier ne peut accepter un virement en Bitcoin. Aucun commerçant ne peut l’afficher comme moyen de paiement. Et la mine ? Interdite. Les appareils de minage, comme les ASIC, sont considérés comme des équipements illégaux. Mais ici, la loi ne correspond pas à la réalité. Dans les rues de Bagdad, de Mossoul, ou même dans les quartiers de Kirkuk, des hommes et des femmes continuent de miner en secret. Ils utilisent des générateurs, branchent leurs machines sur des lignes électriques non officielles, et minent pendant les heures de coupure. Certains le font dans des garages, d’autres dans des appartements loués à la journée. Ahmed Crypto, un homme de 33 ans de Bagdad, a commencé à miner en 2016. Quand l’interdiction est arrivée, il a dû arrêter son bureau. Aujourd’hui, il gère ses transactions via un compte Facebook privé. Il a 10 000 $ en Bitcoin et Ethereum. Il ne parle pas en public. Il ne donne pas son vrai nom. Il dit : « Quoi qu’ils fassent, on trouvera toujours un moyen. »Qui est arrêté ? Personne… ou presque
Selon des sources dans la communauté underground, au moins deux personnes ont été arrêtées pour activité de minage ou de trading. Mais aucun procès public n’a été enregistré. Hayan Al-Khayyat, un avocat spécialisé en droit financier à Bagdad, affirme qu’il n’a jamais vu un seul dossier de ce type devant les tribunaux. Cela veut dire quoi ? Que la loi n’est pas appliquée, ou qu’elle est trop vague pour être utilisée ? Les autorités préfèrent faire peur plutôt que poursuivre. Des agents de la sécurité visitent les cybercafés où les mineurs se réunissent. Ils demandent : « Vous avez des machines ? » Les gens répondent : « Non. » Et ils partent. Il n’y a pas de perquisition systématique. Pas de fouille des ordinateurs. Il n’y a pas de système de détection. La loi existe, mais elle est presque symbolique.
Les conséquences : les paiements internationaux bloqués
L’interdiction a un coût économique réel. Les entreprises irakiennes qui veulent importer des biens depuis la Turquie ou la Chine ne peuvent pas utiliser les cryptos pour payer plus vite. Elles doivent passer par des banques traditionnelles, avec des délais de 3 à 6 semaines, des frais élevés, et un risque de rejet total. Les transferts SWIFT sont lents, chers, et souvent bloqués par des vérifications excessives liées à la lutte contre le blanchiment. Les travailleurs irakiens à l’étranger, notamment en Jordanie ou en Turquie, ne peuvent pas envoyer d’argent via Bitcoin ou USDT. Ils doivent payer des agents de transfert qui prennent jusqu’à 20 % de commission. Des familles entières vivent avec ces transferts. Le manque d’options digitales les rend plus vulnérables.Les autres pays qui ont interdit : qui suit qui ?
L’Irak fait partie d’un petit groupe de pays qui ont choisi l’interdiction totale. On y trouve la Chine (qui a fermé ses mines en 2021), l’Égypte (pour des raisons religieuses), le Bangladesh (avec des peines de prison), et la Russie (où les règles changent chaque année). Mais certains changent d’avis. La Bolivie, qui avait interdit les cryptos en 2014, les a légalisées en 2024 pour permettre aux banques de les utiliser dans des transactions encadrées. Le Nigeria, autrefois réticent, a autorisé les exchanges sous licence en 2023. L’Irak, lui, ne bouge pas. Pas de débat public. Pas de commission parlementaire. Pas de consultation avec les technologues. Juste un silence officiel.
Le paradoxe : la technologie est là, mais pas la volonté
Ashur Al-Nuaimi, un ingénieur en blockchain de Kirkuk, dit une chose simple : « La Banque centrale ne comprend pas comment fonctionne la blockchain. Elle a peur de ce qu’elle ne comprend pas. » La blockchain, c’est un registre public, transparent, immuable. Chaque transaction est enregistrée pour toujours. C’est exactement ce que les banques devraient vouloir - un système tracé, vérifiable, auditif. Mais en Irak, on voit seulement le côté caché : l’anonymat, la volatilité, la possibilité de fraude. Ce qui est ironique, c’est que les jeunes Irakiens sont parmi les plus connectés au monde. Ils utilisent Telegram, WhatsApp, et Facebook pour échanger, apprendre, et trader. Ils savent comment créer un portefeuille, comment miner avec un GPU, comment éviter les arnaques. Ils ne veulent pas de la banque traditionnelle. Ils veulent de la liberté.Que va-t-il se passer dans les années à venir ?
Personne ne sait. La Banque centrale n’a pas annoncé de changement. Les jeunes mineurs continuent. Les entreprises souffrent. Les transferts internationaux restent bloqués. Et les jeunes, eux, apprennent toujours plus. Si un jour l’Irak décide de légaliser les cryptomonnaies avec un cadre clair - des licences, des impôts, des contrôles - il pourrait devenir un leader régional. Il a l’énergie, les jeunes, et la nécessité. Mais tant que la peur l’emporte sur la compréhension, la loi restera un papier, et les machines continueront de tourner dans l’ombre.Le vrai défi n’est pas de bloquer la technologie. C’est d’apprendre à la maîtriser.
Pourquoi l’Irak a-t-il interdit les cryptomonnaies en 2017 ?
La Banque centrale d’Irak a interdit les cryptomonnaies en 2017 pour éviter les risques de blanchiment d’argent, la volatilité extrême, et l’impossibilité de contrôler ou de taxer les transactions. Elle a aussi cité les problèmes énergétiques liés à la mine de Bitcoin, qui consomme beaucoup d’électricité dans un pays déjà confronté à des coupures fréquentes.
Est-ce que la mine de crypto est toujours illégale en Irak en 2026 ?
Oui, l’interdiction reste en vigueur en 2026. Aucune modification légale n’a été annoncée par la Banque centrale. Les institutions financières sont toujours interdites de traiter les cryptomonnaies, et la possession ou la mine de cryptos reste techniquement illégale.
Des gens sont-ils arrêtés pour avoir miné ou acheté des cryptos en Irak ?
Des arrestations ont été signalées par des sources de la communauté underground, mais il n’y a jamais eu de procès public ou de condamnation officielle. Les autorités préfèrent intimider plutôt que poursuivre. Aucun avocat n’a rapporté de cas formel en cour.
Les Irakiens peuvent-ils utiliser les cryptomonnaies pour payer à l’étranger ?
Non, les institutions financières irakiennes ne peuvent pas traiter les cryptomonnaies. Les transferts internationaux doivent passer par les banques traditionnelles, ce qui ralentit les paiements, augmente les frais, et augmente le risque de rejet. Beaucoup d’Irakiens utilisent des intermédiaires informels pour contourner ces obstacles.
Pourquoi les jeunes Irakiens continuent-ils de miner malgré l’interdiction ?
Parce qu’ils voient les cryptomonnaies comme une alternative à un système bancaire lent, corrompu et inefficace. Ils ont accès à Internet, à des tutoriels en ligne, et à des communautés sur Telegram. Pour eux, ce n’est pas un crime : c’est une solution. Ils utilisent des générateurs, minent la nuit, et évitent les zones surveillées.
Nathalie Farigu
janvier 11, 2026 AT 04:08Cette loi est une blague, les gens minent en secret depuis 6 ans et personne les embête vraiment.
Elaine Rogers
janvier 12, 2026 AT 11:37Je trouve ça fascinant comment une loi aussi stricte peut être aussi inapplicable. L’Irak montre que la technologie ne peut pas être arrêtée par un décret, seulement par l’adaptation.
Stefaan Scheyltjens
janvier 13, 2026 AT 13:56Il ne s’agit pas d’une interdiction technique - c’est une manipulation systémique. La Banque centrale craint la décentralisation, car elle menace le monopole du pouvoir financier. La blockchain est un outil de libération, et les régimes fragiles la voient comme une arme. Ce n’est pas une question de volatilité, c’est une question de contrôle absolu.
Louise Klein
janvier 14, 2026 AT 10:53Je trouve ça triste que des gens qui ont juste envie d’être libres financièrement soient traités comme des criminels. Les jeunes irakiens sont plus avancés que beaucoup de banques européennes.