Pénalités pour le trading de crypto-monnaies au Maroc en 2026

Pénalités pour le trading de crypto-monnaies au Maroc en 2026 janv., 4 2026

En 2026, trader des crypto-monnaies au Maroc n’est pas une simple question de risque technique ou de volatilité du marché. C’est une affaire de droit, de pénalités lourdes, et d’un système qui change radicalement sous vos yeux. Depuis 2017, le Maroc interdisait formellement toute transaction en crypto. Mais aujourd’hui, cette interdiction n’est plus aussi absolue. Ce n’est pas légal, mais ce n’est plus non plus totalement interdit. Et c’est là que les choses deviennent dangereuses.

Les amendes qui peuvent vous ruiner

Si vous êtes un particulier et que vous achetez, vendez ou échangez des crypto-monnaies sans autorisation, vous risquez une amende de 20 000 à 100 000 MAD (environ 2 000 à 10 000 USD). C’est une somme qui peut effacer un an d’épargne pour un employé moyen. Ce n’est pas une amende symbolique. Les autorités l’appliquent. En février 2025, des citoyens ont été poursuivis pour avoir utilisé du Bitcoin pour acheter un appartement à Marrakech. L’objectif ? Empêcher la fuite de devises et contourner les règles de change.

Pour les entreprises, les sanctions sont encore plus sévères. Une société qui utilise les crypto-monnaies pour payer ses fournisseurs, ou qui opère une plateforme d’échange sans licence, peut se voir infliger une amende de jusqu’à 500 000 MAD (environ 50 000 USD). C’est une somme qui peut mettre fin à une PME. Et ce n’est pas tout : les récidivistes peuvent être poursuivis pénalement. Pas seulement une amende. Une enquête criminelle. Un casier judiciaire. Une interdiction d’exercer.

Qui est ciblé ? Pas tout le monde

Les autorités ne cherchent pas à arrêter chaque personne qui utilise Binance ou Kraken. Elles ciblent les acteurs qui mettent en danger le système financier. Les plateformes non autorisées. Les entreprises qui paient en crypto. Les courtiers qui font du mining ou de l’échange à grande échelle. Et surtout, ceux qui utilisent les crypto-monnaies pour contourner les contrôles de change - par exemple, pour acheter des biens à l’étranger ou transférer de l’argent hors du Maroc.

Les particuliers qui achètent quelques bitcoins pour les conserver ou qui font de petits échanges P2P (peer-to-peer) vivent dans une zone grise. Techniquement, c’est interdit. Mais les autorités n’ont pas encore les moyens ou la volonté de traquer chaque utilisateur individuel. Cela ne veut pas dire que c’est sans risque. Un simple dépôt bancaire suspect peut déclencher une enquête. Et si vous êtes lié à une plateforme non autorisée, vous êtes automatiquement considéré comme coupable.

Le changement en cours : de l’interdiction à la régulation

En novembre 2024, Abdellatif Jouahri, le gouverneur de Bank Al-Maghrib, a annoncé un tournant majeur : un projet de loi pour légaliser et encadrer les crypto-monnaies est en cours d’adoption. Ce n’est pas une promesse vague. C’est un processus en marche. La loi devrait entrer en vigueur en 2025. Et quand elle le fera, tout changera.

À partir de 2025, les plateformes de trading devront obtenir une licence de Bank Al-Maghrib. Elles devront appliquer les règles de lutte contre le blanchiment d’argent (AML) et le financement du terrorisme (CFT). Elles devront connaître leurs clients (KYC). Elles devront tenir des registres. Et surtout : elles devront déclarer les gains.

Les gains sur les crypto-monnaies seront imposables. Pour les particuliers, les taux varieront entre 10 % et 38 %, selon votre revenu global. Pour les entreprises, ce sera entre 20 % et 31 %. Ce n’est pas une taxe sur les crypto. C’est une taxe sur les bénéfices, comme pour les actions ou les biens immobiliers. Et si vous ne déclarez pas ? Vous serez traité comme un fraudeur fiscal. Les amendes peuvent atteindre 100 % du montant caché, avec des poursuites pénales possibles.

Un chef d'entreprise jugé pour utilisation illégale de crypto, avec une amende géante en feu.

La nouvelle frontière : les crypto comme actif financier

Le Maroc ne veut pas interdire les crypto-monnaies. Il veut les contrôler. Il veut les taxer. Il veut les intégrer dans le système financier officiel. C’est pourquoi l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) supervise déjà les ICO et les titres tokenisés. C’est pourquoi Bank Al-Maghrib teste en 2024 un projet de monnaie numérique de banque centrale (CBDC), prévu pour 2026-2027.

La stratégie est claire : au lieu de lutter contre un phénomène qui ne disparaîtra pas, le Maroc veut le canaliser. Les crypto-monnaies ne sont plus un ennemi. Elles sont un actif. Et comme tout actif, elles doivent être encadrées. Les amendes actuelles ne sont qu’une étape. Elles servent à éliminer les acteurs non sérieux pendant que le cadre légal est construit.

Comment survivre à cette transition ?

Si vous êtes déjà actif dans les crypto-monnaies en 2026, voici ce que vous devez faire :

  1. Arrêtez d’utiliser les plateformes non autorisées. Binance, KuCoin, Bybit - aucune n’est légale au Maroc. Utilisez uniquement les plateformes qui obtiendront une licence en 2025.
  2. Ne faites pas de paiements en crypto. Même pour des services en ligne. C’est une violation directe de la loi.
  3. Conservez tous vos historiques de transactions. Vous aurez besoin de preuves pour déclarer vos gains ou vos pertes.
  4. Ne tentez pas de contourner les contrôles de change. Acheter un bien à l’étranger avec du Bitcoin est une cible prioritaire pour les autorités.
  5. Préparez-vous à déclarer vos gains. Quand la loi entrera en vigueur, vous n’aurez pas le droit de dire « je ne savais pas ».

La règle d’or : si vous ne pouvez pas justifier l’origine de vos fonds ou la destination de vos transactions, vous êtes en danger. Les banques marocaines surveillent déjà les transferts vers des portefeuilles crypto. Un simple virement vers un wallet inconnu peut déclencher un rapport de suspicion.

Vue aérienne de Casablanca en 2026 : crypto légale en haut, marché noir en bas.

Le marché continue, malgré les interdictions

Le Maroc est l’un des plus gros marchés de crypto en Afrique du Nord. Selon les estimations, le volume annuel des transactions atteindra 278,7 millions de dollars en 2025. Et il devrait grimper à 292,4 millions en 2026. Cela signifie que des centaines de milliers de Marocains continuent de trader, même avec les risques.

Les gens utilisent des applications P2P, des portefeuilles hors ligne, des cash-in/cash-out via des intermédiaires. C’est un marché souterrain, mais vivant. Et il ne disparaîtra pas. Ce qui va changer, c’est que bientôt, ce marché sera officiel. Et ceux qui n’ont pas préparé leur transition seront les premiers à payer.

Que se passera-t-il après 2025 ?

Quand la nouvelle loi sera adoptée, les amendes actuelles ne disparaîtront pas. Elles deviendront la sanction de dernier recours. Si vous ne vous enregistrez pas, si vous ne déclarez pas, si vous ne respectez pas les règles AML/CFT, vous retomberez dans le cadre pénal : amendes de 20 000 à 500 000 MAD, et poursuites criminelles.

Les plateformes légales, elles, devront payer des taxes, tenir des registres, et fournir des rapports trimestriels. Ce sera plus lourd, mais aussi plus sûr. Et surtout : légal. Vous pourrez trader sans crainte de prison. Mais vous devrez payer votre part.

Le Maroc n’a pas choisi d’interdire les crypto. Il a choisi de les dompter. Et celui qui refuse de jouer selon les nouvelles règles, paiera le prix fort.

Quelles sont les amendes pour trading de crypto au Maroc en 2026 ?

Les particuliers encourent une amende de 20 000 à 100 000 MAD (environ 2 000 à 10 000 USD) pour tout trading non autorisé. Les entreprises peuvent être sanctionnées jusqu’à 500 000 MAD. Ces amendes s’appliquent à toute activité impliquant des crypto-monnaies sans licence de Bank Al-Maghrib, y compris l’échange, l’utilisation pour paiements ou la création de plateformes non enregistrées.

Est-ce légal d’acheter du Bitcoin au Maroc en 2026 ?

Techniquement, non. L’interdiction de 2017 n’est pas encore abrogée, mais une loi de régulation est en cours d’adoption pour 2025. Jusqu’à cette date, acheter du Bitcoin est illégal, même si les autorités ne poursuivent pas systématiquement les particuliers. Après 2025, cela sera légal uniquement si vous utilisez une plateforme agréée et que vous déclarez vos gains.

Les banques marocaines bloquent-elles les transactions en crypto ?

Oui. Les banques sont tenues de signaler tout transfert vers des portefeuilles crypto inconnus. Si vous envoyez de l’argent vers Binance ou un wallet non identifié, votre compte peut être gelé temporairement, et une enquête sera déclenchée. Les banques ne bloquent pas les crypto elles-mêmes, mais les transactions suspectes liées à leur utilisation.

Dois-je déclarer mes gains en crypto au fisc marocain ?

À compter de 2025, oui. Les gains sur les crypto-monnaies seront soumis à l’impôt sur le revenu, avec des taux allant de 10 % à 38 % pour les particuliers, et de 20 % à 31 % pour les entreprises. Même si vous avez acheté avant la loi, vous devrez déclarer les gains réalisés après son entrée en vigueur. Le non-respect sera traité comme de la fraude fiscale.

Puis-je utiliser Ethereum pour payer un bien à l’étranger depuis le Maroc ?

Non. L’utilisation de crypto-monnaies pour effectuer des paiements à l’étranger - qu’il s’agisse d’un bien, d’un service ou d’un transfert - est strictement interdite et constitue une violation des lois sur les changes. Les autorités ont ciblé ces cas en 2025. Les personnes impliquées ont été sanctionnées, et les biens achetés peuvent être saisis.

Qu’est-ce qui va changer en 2025 avec la nouvelle loi sur les crypto ?

En 2025, les crypto-monnaies seront légalisées sous contrôle. Seules les plateformes agréées par Bank Al-Maghrib pourront opérer. Tous les utilisateurs devront passer par un KYC strict, déclarer leurs transactions, et payer les impôts sur les gains. Les amendes actuelles seront remplacées par des obligations fiscales et de conformité. Le but : transformer un marché souterrain en un secteur régulé et taxé.

1 Comment

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    Adama keita

    janvier 4, 2026 AT 12:05

    En 2026 ? J’attends juste que quelqu’un se fasse arrêter pour avoir acheté un Bitcoin avec ses sous de poche… c’est du théâtre.

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