Programme pilote de cryptomonnaies au Vietnam jusqu'en 2027 : ce que vous devez savoir

Programme pilote de cryptomonnaies au Vietnam jusqu'en 2027 : ce que vous devez savoir janv., 6 2026

Le Vietnam vient de lancer le premier programme pilote au monde pour légaliser et encadrer les cryptomonnaies. Ce n’est pas une simple autorisation : c’est un cadre juridique complet, avec des règles strictes, des licences obligatoires, et une date d’expiration claire : le 8 septembre 2030. Et pourtant, beaucoup de gens pensent encore que la crypto est interdite là-bas. Ce n’est plus vrai. Depuis le 1er janvier 2026, tout change.

Qu’est-ce qui a changé exactement ?

Avant 2026, le Vietnam interdisait l’usage des cryptomonnaies comme moyen de paiement. Les banques ne pouvaient pas traiter les transactions en Bitcoin ou en Ethereum. Mais la possession, le trading et l’investissement ? Ils étaient dans une zone grise. Des millions de Vietnamiens continuaient à trader sur des plateformes étrangères, souvent sans protection légale. Le marché était actif : plus de 600 millions de dollars par jour échangeaient selon les données de VIR. Mais c’était du commerce sauvage.

Avec la loi n°71/2025/QH15 et la résolution 05/2025/NQ-CP, tout est redevenu légal - mais sous contrôle. Le gouvernement a créé trois catégories claires : les actifs virtuels, les actifs cryptographiques (qui utilisent la cryptographie pour la traçabilité), et les autres actifs numériques. Seuls les deux premiers sont concernés par cette réforme. Et ils ne sont pas considérés comme de la monnaie. Ils sont des actifs, comme un bien immobilier ou une action. C’est une distinction cruciale.

Qui peut faire quoi maintenant ?

Tout le monde peut posséder des cryptomonnaies. Les particuliers, les entreprises, les investisseurs étrangers. Mais pour échanger, acheter, vendre ou offrir des services liés aux cryptos, il faut une licence. Et cette licence, ce n’est pas un simple formulaire à remplir. Le ministère des Finances est le seul à pouvoir l’accorder. Les critères sont durs : anti-blanchiment, sécurité informatique, traçabilité des transactions, protection des données. Les plateformes étrangères comme Binance ou Bybit ne peuvent plus servir directement les Vietnamiens après les six premiers mois de la première licence délivrée. Elles doivent soit s’associer à un acteur local accrédité, soit se retirer.

Les Vietnamiens doivent donc migrer vers des plateformes locales. Mais il n’y en a pas encore. La première devrait être autorisée d’ici juin 2026. Pendant cette période, les traders sont dans une zone d’incertitude. Ils peuvent garder leurs actifs, mais ne peuvent plus les échanger légalement sur les sites étrangers. Beaucoup ont commencé à transférer leurs fonds vers des portefeuilles hors ligne, en attendant la mise en place des plateformes légales.

Les risques pour les utilisateurs

Ce n’est pas un système ouvert. C’est un système contrôlé. Et avec le contrôle vient la pression. Les sanctions pour non-conformité sont sévères : amendes administratives, blocage des comptes, voire poursuites pénales si des activités de blanchiment sont suspectées. Les utilisateurs qui continuent à utiliser des plateformes non accréditées après juillet 2026 risquent de se retrouver sans recours légal. Si leur compte est gelé sur une plateforme étrangère, le gouvernement ne les aidera pas.

Les coûts de conformité pour les entreprises sont aussi élevés. Les startups locales doivent investir dans des systèmes de surveillance des transactions, des audits externes, des équipes juridiques. Ce n’est pas accessible à tout le monde. Les grands acteurs financiers traditionnels - les banques, les fonds d’investissement - sont mieux équipés pour s’adapter. Les petits traders, eux, risquent d’être écrasés par la bureaucratie.

Trader vietnamien face à un écran bloqué, silhouette du ministère des Finances derrière lui, calendrier juillet 2026.

Les inconnues qui pèsent sur le programme

Le cadre est clair, mais beaucoup de détails manquent encore. Les impôts sur les gains en crypto ? Pas encore définis. Le gouvernement utilise temporairement les règles applicables aux titres financiers, ce qui est une mauvaise adaptation. Les mineurs de Bitcoin ou d’Ethereum ? Leur activité est dans une zone grise. Le ministère des Finances a promis des règles spécifiques, mais rien n’est encore publié.

La question de la transparence est aussi cruciale. Toutes les lois sont publiées en vietnamien. Les traductions officielles en anglais sont rares, voire inexistantes. Les investisseurs étrangers qui veulent participer doivent compter sur des avocats locaux - et leurs tarifs ne sont pas accessibles à tous.

Comment ça compare avec les autres pays ?

La Chine interdit tout. L’Inde taxe à 30 % sans cadre clair. L’Europe et les États-Unis ont des lois fragmentées. Le Vietnam, lui, a créé un système unique : un pilote de cinq ans, avec une fin précise, une autorité unique (le ministère des Finances), et une obligation de licence pour tout service. C’est plus rigide que l’UE, mais aussi plus structuré que la plupart des pays asiatiques.

C’est une stratégie. Le Vietnam veut devenir le hub régional des actifs numériques. Il veut capter les flux d’investissement qui passent actuellement par Singapour ou la Thaïlande. Il veut attirer les entreprises technologiques, les fonds de capital-risque, les développeurs de DeFi. Mais il ne veut pas perdre le contrôle. Il veut une crypto sous surveillance, pas une crypto libre.

Centre financier vietnamien avec des flux de transactions traçables et une pièce cryptée enfermée sous lumière.

Qu’est-ce qui va se passer après 2027 ?

Le programme court jusqu’en 2030. Mais les premiers résultats seront évalués dès 2027. Si la conformité est élevée, si les plateformes locales réussissent, si les recettes fiscales sont bonnes, le gouvernement pourrait prolonger le programme ou le rendre permanent. Si les abus sont nombreux, si les entreprises échouent à se conformer, il pourrait le réduire, le restreindre, ou même le supprimer.

Les observateurs estiment que le succès dépend de deux choses : la qualité de l’application des règles, et la réactivité du ministère des Finances. Si les autorités sont trop lentes à publier les détails, ou trop sévères dans l’application, les traders vont retourner au marché noir. Si elles sont trop souples, elles risquent de perdre le contrôle.

Que faire si vous êtes un investisseur vietnamien ?

Si vous possédez des cryptomonnaies : gardez-les. Ne les vendez pas dans la panique. Mais ne faites plus aucun échange sur des plateformes non accréditées après juillet 2026. Suivez les annonces du ministère des Finances. Enregistrez-vous sur les sites des futures plateformes accréditées dès qu’elles seront publiées. Préparez vos documents d’identité, vos preuves de source de fonds. La vérification sera stricte.

Si vous êtes une entreprise : commencez à travailler avec un avocat spécialisé en droit numérique vietnamien. Ne comptez pas sur les conseils en ligne. Les règles changent vite. Préparez vos systèmes de KYC, vos protocoles de sécurité, vos rapports de transaction. Les audits vont être obligatoires.

Le grand paradoxe

Le Vietnam a créé le premier cadre juridique au monde pour les cryptomonnaies. Il les reconnaît comme des actifs légaux. Il les encadre avec rigueur. Il veut en faire un moteur de croissance. Mais en même temps, il refuse de les traiter comme de la monnaie. Il ne veut pas qu’elles remplacent le dong. Il veut les garder dans une cage dorée, sous surveillance, pour en tirer des bénéfices sans perdre le contrôle.

C’est un équilibre délicat. Et il n’y a pas de modèle parfait. Le Vietnam tente quelque chose d’inédit. Il ne sait pas encore s’il va réussir. Mais il a mis les premières pierres. Et maintenant, tout le monde regarde.

Les cryptomonnaies sont-elles légales au Vietnam en 2026 ?

Oui, mais seulement sous certaines conditions. La possession et l’investissement sont autorisés, mais tout échange, trading ou service lié aux cryptomonnaies doit passer par une plateforme accréditée par le ministère des Finances. Les plateformes étrangères ne peuvent plus servir les utilisateurs vietnamiens après juillet 2026.

Puis-je miner des cryptomonnaies au Vietnam ?

La loi ne le dit pas encore clairement. Le mining n’est pas explicitement autorisé ni interdit. Le ministère des Finances doit publier des règles spécifiques d’ici la fin de 2026. En attendant, il est dans une zone grise. Les mineurs individuels risquent des sanctions si l’activité est jugée excessive ou non déclarée.

Quels sont les risques si je continue à trader sur Binance ou Kraken ?

Après juillet 2026, toute transaction sur une plateforme non accréditée est illégale. Vous ne serez pas poursuivi pour avoir acheté des cryptos, mais si vous échangez ou vendez sur une plateforme étrangère, vous pourriez être sanctionné administrativement. Vos fonds pourraient être gelés, et vous pourriez perdre tout recours légal. Le gouvernement ne protège pas les transactions hors cadre.

Comment savoir si une plateforme est accréditée ?

Le ministère des Finances publiera une liste officielle des plateformes accréditées sur son site web. Aucune autre source ne doit être considérée comme fiable. Les plateformes accréditées devront afficher leur numéro de licence et leur statut de manière visible sur leur site. Ne faites confiance à aucun site qui prétend être "approuvé" sans cette mention officielle.

Quels impôts dois-je payer sur mes gains en crypto ?

Pour l’instant, les gains en cryptomonnaies sont taxés comme des revenus provenant de titres financiers - soit environ 20 % selon les cas. Mais une loi spécifique sur les crypto-impôts est en préparation. Elle devrait être publiée avant la fin de 2026. Ne déclarez pas encore vos gains avant d’avoir les règles officielles. Une déclaration erronée pourrait entraîner des pénalités.

6 Commentaires

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    Nathalie Farigu

    janvier 8, 2026 AT 04:50

    Je garde mes BTC en cold wallet et j’attends les plateformes locales, point.

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    Alexis Dick

    janvier 10, 2026 AT 02:29

    Le Vietnam vient de créer le premier cadre juridique au monde pour les crypto… sauf qu’il les traite comme des actifs financiers, pas comme une monnaie. C’est pas de la régulation, c’est du contrôle total. Ils veulent les profits sans les risques. Et ils vont se rendre compte que la crypto, c’est pas une variable de budget, c’est un changement de paradigme. Tu ne peux pas encadrer la décentralisation sans la tuer. Et là, ils la tuent en la mettant dans une cage dorée avec des caméras et un compteur de transaction. C’est pathétique.

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    Anne Smyers

    janvier 10, 2026 AT 13:48

    Quelle audace, cette loi ! Comme si l’État pouvait encore dompter l’imprévisible, comme si la blockchain pouvait se plier à un formulaire de demande de licence. Le Vietnam veut être le Singapour de l’Asie… mais en version bureaucratique, avec des agents en costume qui vérifient les clés privées. C’est tragique, c’est beau, c’est absurde. Je pleure pour les mineurs solitaires, pour les traders anonymes, pour cette liberté qu’on a sacrifiée sur l’autel de la transparence. Et pourtant… je dois admettre que c’est fascinant.

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    Nadine ElSaleh

    janvier 12, 2026 AT 01:46

    C’est une excellente initiative, vraiment. Je trouve ça courageux de mettre en place un cadre clair, même s’il est strict. Beaucoup de gens ont eu peur de toucher aux crypto parce que c’était trop flou. Maintenant, au moins, on sait où on va. Je vais m’inscrire dès que les plateformes locales seront là, et je vais aider mes amis à comprendre les règles. On peut faire ça bien, ensemble.

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    Stefaan Scheyltjens

    janvier 13, 2026 AT 16:29

    Le ministère des Finances est l’unique autorité ? Vous croyez vraiment que ce n’est pas un piège ? Ce n’est pas un contrôle, c’est une trappe à capital. Derrière chaque licence, il y a une porte ouverte aux lobbyistes, aux anciens fonctionnaires, aux réseaux de corruption. Les plateformes locales seront des filiales déguisées des banques d’État. Les petits traders seront éliminés, les grands acteurs s’approprieront le marché. Et tout ça sous couvert de « sécurité ». C’est le même scénario que pour les banques en 2008, mais avec des blockchains. La technologie n’est pas la liberté, elle est le masque du pouvoir.

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    Louise Klein

    janvier 14, 2026 AT 23:01

    J’adore que le Vietnam fasse ça ! Moi j’ai commencé avec du Bitcoin en 2021 et j’ai tout perdu sur une plateforme étrangère. Si j’avais eu un cadre comme ça, j’aurais évité le cauchemar. J’espère que les plateformes locales seront faciles à utiliser. Je vais suivre les annonces avec attention. Merci pour ce post, il m’a vraiment aidée à comprendre.

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