Évasion fiscale sur les cryptos : jusqu'à 5 ans de prison et 250 000 $ d'amende

Évasion fiscale sur les cryptos : jusqu'à 5 ans de prison et 250 000 $ d'amende févr., 18 2026

Si vous avez acheté, vendu, échangé ou même reçu des cryptomonnaies en 2024, vous avez une obligation fiscale. Et si vous l’avez ignorée, vous risquez 5 ans de prison et une amende de 250 000 dollars. Ce n’est pas une menace vide. C’est la réalité aux États-Unis, et les autorités ne rigolent plus.

Les cryptos ne sont pas un refuge fiscal

L’IRS (l’administration fiscale américaine) considère les cryptomonnaies comme des biens, pas comme de la monnaie. Cela signifie que chaque fois que vous vendez du Bitcoin pour acheter de l’Ethereum, que vous miniez du crypto ou que vous receviez des tokens en paiement pour un service, vous avez un gain (ou une perte) à déclarer. Même un simple achat de café avec 0,001 BTC doit être enregistré. Il n’y a pas de seuil minimum. Pas de « petit montant » qui passe inaperçu.

Beaucoup pensent que parce que les transactions sont pseudonymes, elles sont invisibles. C’est une erreur. La blockchain est un registre public, permanent et traçable. Chaque transfert est enregistré pour toujours. L’IRS utilise des outils avancés comme ceux de Chainalysis et d’autres plateformes d’analyse blockchain pour relier des adresses publiques à des identités réelles. Ils croisent les données des échanges, des portefeuilles, des transactions sur des DEX et même des paiements sur des plateformes comme Coinbase ou Kraken.

Le changement majeur de 2025 : le formulaire 1099-DA

Depuis le 1er janvier 2025, tous les échanges de cryptomonnaies aux États-Unis doivent envoyer un formulaire appelé 1099-DA à l’IRS pour chaque utilisateur. Ce document détaille toutes les transactions : ventes, échanges, retraits, dépôts, récompenses de staking, airdrops, et même les transferts entre vos propres portefeuilles si l’échange les a gérés.

Avant 2025, vous deviez tout noter vous-même. Maintenant, l’IRS reçoit directement une liste complète de vos mouvements. Si vous déclarez 10 000 $ de gains et que l’IRS en voit 35 000 $, ils savent que vous avez menti. Et mentir à l’IRS, c’est un crime fédéral.

La différence entre éviter les impôts et les échapper

Il y a une ligne fine, mais cruciale, entre éviter les impôts et échapper les impôts.

Éviter : c’est légal. C’est utiliser les règles pour réduire votre facture. Par exemple, garder vos cryptos plus d’un an avant de vendre pour bénéficier du taux réduit sur les gains à long terme. Ou vendre des actifs en perte pour compenser vos gains (tax-loss harvesting). Ou investir dans un IRA avec des cryptos via certains fournisseurs autorisés.

Échapper : c’est criminel. C’est ne pas déclarer un gain de 5 000 $ parce que vous avez oublié une transaction. C’est prétendre que vous n’avez jamais reçu des tokens d’un airdrop. C’est transférer des bitcoins d’un échange à un portefeuille non déclaré et prétendre que « ça ne compte pas ». Même un seul dollar non déclaré, si c’est intentionnel, peut déclencher une enquête pénale.

Un investisseur en crypto reçoit un formulaire fiscal 1099-DA, entouré de transactions qui se transforment en menaces.

Les sanctions : pas juste de l’argent

Les conséquences ne se limitent pas à une amende. Voici ce que vous risquez :

  • 5 ans de prison pour évasion fiscale fédérale (loi 26 U.S.C. § 7201)
  • 250 000 $ d’amende pour un individu (500 000 $ pour une entreprise)
  • 75 % d’amende civile sur le montant impayé, en plus des intérêts (qui s’accumulent chaque jour)
  • 15 % d’amende pour non-déclaration (si vous ne déclarez pas du tout)
  • 25 % d’amende pour non-paiement (si vous déclarez mais ne payez pas)

En clair : si vous avez oublié de déclarer 10 000 $ de gains, vous pourriez vous retrouver avec 7 500 $ d’amende civile, plus 2 500 $ d’intérêts, plus les 250 000 $ d’amende pénale. Et la prison. Ce n’est pas une option. C’est une réalité.

Les outils qui vous sauvent

Les logiciels de déclaration fiscale comme Koinly, CryptoWorth ou CoinLedger ne sont plus des options. Ce sont des nécessités. Ces outils connectent vos portefeuilles, vos échanges, vos transactions DeFi, et génèrent automatiquement un rapport fiscal conforme à l’IRS. Ils calculent votre coût d’acquisition, vos gains, vos pertes, et même les transferts entre vos propres wallets - ce qui est désormais obligatoire depuis 2025.

Les utilisateurs qui utilisent ces outils déclarent 80 % plus vite, et leur taux d’audit est 90 % plus bas. Ce n’est pas un hasard. C’est de la prévention.

Un homme signe une déclaration volontaire tandis que des transactions passées apparaissent comme des fantômes.

Et si j’ai déjà caché des transactions ?

Vous n’êtes pas seul. Des milliers de personnes ont attendu trop longtemps. Mais il n’est jamais trop tard pour réparer.

L’IRS propose un programme appelé « Voluntary Disclosure Program ». Si vous déclarez spontanément des transactions non déclarées avant qu’ils ne vous contactent, vous pouvez éviter la poursuite pénale. Vous paierez encore les impôts, les intérêts, et peut-être une amende réduite - mais vous éviterez la prison.

Le moment où vous avez reçu un courrier de l’IRS, ou même une simple alerte sur votre compte d’échange ? C’est votre dernier délai. Après ça, vous n’êtes plus dans le programme de déclaration volontaire. Vous êtes dans le système pénal.

Les chiffres qui parlent

En 2024, les États-Unis ont imposé des sanctions de 2,4 milliards de dollars pour des infractions liées aux cryptos. Parmi elles, 15 % étaient directement liées à l’évasion fiscale. Le montant moyen par affaire a augmenté de 21 % en 2025. Et ce n’est que le début.

Les autorités ont désormais accès à des données de 2017 à 2024. Elles peuvent remonter le temps. Si vous avez vendu du Bitcoin en 2019 et n’avez rien déclaré, elles le savent. Et elles peuvent vous le demander maintenant.

La vérité simple

Les cryptomonnaies ne sont pas un terrain vague fiscal. Elles sont surveillées, traquées, et suivies avec une précision inédite. Ceux qui pensaient que le monde des cryptos était une zone grise se trompent. Il n’y a pas de zone grise. Il y a la loi. Et elle s’applique à vous, même si vous ne l’avez pas encore reconnu.

La meilleure stratégie ? Ne pas attendre. Vérifiez vos transactions des 5 dernières années. Utilisez un logiciel de déclaration. Déclarez tout, même ce qui vous semble insignifiant. Et si vous avez déjà commis une erreur, agissez avant que l’IRS ne vous trouve.

Est-ce que l’évasion fiscale sur les cryptos est punie plus sévèrement que l’évasion classique ?

Non. Les sanctions pénales sont exactement les mêmes : jusqu’à 5 ans de prison et 250 000 $ d’amende. La différence, c’est que l’évasion sur les cryptos est plus facile à détecter. Les transactions sont enregistrées sur la blockchain, et l’IRS a des outils pour les relier à votre identité. Ce n’est pas comme cacher de l’argent en liquide.

Et si je n’ai pas déclaré un airdrop de 50 $ ?

Même un airdrop de 50 $ est un revenu imposable. L’IRS ne fait pas de distinction de montant. Si vous ne le déclarez pas, et qu’ils le découvrent, vous risquez une amende civile de 75 % du montant non déclaré, plus des intérêts. Si c’est intentionnel, vous pourriez être poursuivi pour évasion fiscale.

Les échanges européens doivent-ils déclarer à l’IRS ?

Oui, si vous êtes un résident fiscal américain. Les échanges comme Binance ou Kraken (qui ont des entités aux États-Unis) doivent déclarer vos transactions à l’IRS si vous êtes un citoyen ou un résident américain. Même si vous utilisez une plateforme étrangère, vous avez toujours l’obligation de déclarer vos revenus crypto à l’IRS.

Qu’est-ce que le « wallet-by-wallet » accounting ?

Depuis 2025, vous ne pouvez plus utiliser la méthode « first-in-first-out » (FIFO) globale pour calculer vos gains. Vous devez maintenant suivre chaque unité de crypto depuis son origine, même si elle a été transférée entre vos propres portefeuilles. Cela signifie que si vous avez acheté 1 BTC en 2020 à 10 000 $, puis transféré 0,5 BTC à un autre portefeuille en 2023, et vendu 0,5 BTC en 2025 à 60 000 $, vous devez prouver que les 0,5 BTC vendus viennent bien du lot de 2020. Sinon, l’IRS peut estimer un gain plus élevé.

Est-ce que la France ou l’UE applique les mêmes sanctions ?

Non. La France et l’UE n’ont pas de peines criminelles aussi sévères pour l’évasion fiscale sur les cryptos. En France, les sanctions sont principalement civiles : amendes jusqu’à 80 % du montant non déclaré, et des pénalités d’intérêts. La prison est très rare et réservée aux cas de fraude massive ou organisée. Mais si vous êtes résident fiscal américain, même vivant en France, vous êtes soumis à la loi américaine.

1 Comment

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    guillaume ouint

    février 18, 2026 AT 08:49
    C’est fou comment tout le monde panique pour 50 dollars d’airdrop. Moi j’ai juste oublié de déclarer un swap de 2021, et maintenant j’ai peur de regarder mes emails.

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